Partager l'article ! Mises au point: Tout d'abord, je tiens à remercier tous ceux qui sont passés ici pour commenter ces premières notes. Il me semble nécessa ...
Tout d'abord, je tiens à remercier tous ceux qui sont passés ici pour commenter ces premières notes. Il me semble
nécessaire de clarifier quelques-uns de mes propos, ainsi que, peut-être, ma démarche.
Jeune professeur, je me sens loin de détenir une quelconque vérité absolue sur l'enseignement de l'anglais. Si je donne l'impression d'avoir quelques certitudes, je me pose néamoins bien des
questions. Autour du même thème... comment faire progresser mes élèves ?
J'imagine que tout le monde a compris que je ne rejette pas l'idée qu'une langue sert, en très grande partie, à communiquer. Je m'inquiète juste de l'idée de communication au sens du CECRL,
le fameux Cadre Européen Commun de Référence pour les langues.
Je part du principe que pour communiquer efficacement et avec élégance, un certain niveau de maîtrise linguistique est nécessaire. En tant que professeur de langue, je souhaite me
concentrer sur la dimension verbale de la communication, plutôt que sur les 80% de non-verbal. Le paradoxe de la méthode actuelle est qu'en mettant la communication au centre du cours
d'anglais, elle tend à rejeter la langue (lexique, grammaire, phonologie, etc.) aux marges.
Un cours réussi est un cours où les élèves ont communiqué, même "mal" (en faisant des fautes, en s'aidant des mains). Je m'en inquiète. Et même s'il n'est pas exclu de se faire comprendre
ainsi dans "la vraie vie", je me demande en quoi devrions-nous nous contenter de ça à l'école. D'où ma comparaison avec les "rudiments du cadre" qui part en voyage avec une trousse de secours en
anglais. Je ne parlais pas des directeurs de haut niveau qui, eux, sont passés par les grandes écoles et possèdent un bagage grammatical, lexical et culturel digne de ce
nom.
Je ne suis venu à l'enseignement que tard, après une prépa HEC, une grande école de commerce, quelques années en entreprise à l'international et... l'agrégation d'anglais, un vieux rêve. On
ne peut donc pas m'accuser de n'avoir été qu'à l'école et de ne rien connaître d'autre.
J'ai largement eu l'occasion d'observer mes collègues dans leurs aventures communicationnelles diverses et variées. Les meilleurs d'entre eux sont d'anciens bons élèves qui ont, au cours de
leur scolarité, non pas fait des heures et des heures de "communication" plus ou moins bidon mais intériorisé une langue solide. Notamment... des règles de grammaire. Sur ces bases, avec de
l'entraînement, ils ont développé leurs aptitudes à déchiffrer les contrats, rédiger, budgéter - the whole nine yards quoi.
Je remarque que le CECRL ne sait pas se présenter autrement qu'en disant que la grammaire n'est pas important, que c'est un outil, bref, quelque chose de finalement assez secondaire.
Je ne suis pas un ayatollah de la grammaire et de l'orthographe. Mais avouons qu'en deça d'un certain niveau dans ces domaines, il n'y a tout simplement plus de langue du tout. Ou alors
celle du sauvage.
A mes yeux, les exercices de grammaire sont à l'élève ce que les gammes sont au pianiste. Pas une fin en soi, certes, mais un sacré bon moyen d'améliorer sa technique et sa
souplesse ! Reste ensuite l'étude du morceau proprement dit (des documents motivants, de bon niveau, avec des activités langagières bien pensées) et - enfin ! - le concert (la communication ou
réinvestissemet de ce qui a été vu).
L'approche du CECRL, c'est de mettre directement l'élève en situation de concertiste, sous prétexte que faire des gammes ou étudier longuement une partition n'est pas ou plus assez motivant.
Et d'évaluer ultra-positivement tout ce qui est produit sur cette scène, même si la prestation n'a objectivement que peu de valeur... en raison même du manque d'entraînement et d'intériorisation
de l'élève au préalable !
Quant à la littérature... mes élèves sont essentiellement des généralistes, pas de futurs spécialistes de technique littéraire. Je ne consacre évidemment pas tous mes cours à "faire de
la compréhension de l'écrit" et ne limite pas cette dernière aux "belles lettres anglaises". Néanmoins, mes élèves, qui n'ont aucun intérêt a priori pour la
lecture, apprécient la lecture en V.O, douloureuse au début mais tellement gratifiante par la suite. Aussi, les "beaux textes" ne sont pas synonymes de "textes difficiles".
Candide est un texte aussi formateur que magnifique, sans être spécialement difficile. Idem pour Bel Ami. Voilà pourquoi on les enseigne sans trop de problèmes au lycée et
qu'ils participent de la construction de générations entières.
J'utilise beacoup d'autres supports néanmoins : chansons, poèmes, extraits d'émissions de radio, reportages CNN, etc. Mais il est important, à mes yeux, de leur faire comprendre que tout ne se
vaut pas. Que lire Animal Farm d'Orwell en V.O est une expérience d'un autre calibre que la presse Murdoch.
Les élèves sont-ils ainsi prisonniers de mes propres goûts et représentations ? Sans doute. Mais je préfère les amener dans ma sphère (qu'ils pourront allégrement dépasser ou critiquer plus
tard) que de les maintenir dans la leur. Si moi, leur professeur d'anglais en lycée, je ne leur parle pas un peu de Shakespeare, Dickens ou Mark Twain... qui le fera ?
Et si nous nous contentions de leur donner des bases linguistiques solides pour l'avenir ? Plutôt que de viser, en 2 ou 3 pauvres heures par semaine, de former des concertistes qui ne font ni de
gammes, ni d'études de partitions ?
Un objectif se doit d'être réaliste et atteignable.
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Je comprends désormais beaucoup plus clairement vos reproches et vos remarques. En fait, (désolée de me répéter) le problème vient vraiment d'une mauvaise interprétation du CECRL ( assez complexe il est vrai) souvent dispensée dans des "formations" bancales" ( car souvent mise en place sans que le formateur lui même n'ait été formé au préalable!) . Ces formations à la « va-vite » donnent, de ce fait, une très mauvaise image de ce qu'on peut faire avec le CECRL et provoque plutôt la réticence chez certains collègues voire même de la colère...Tout ceci étant amplifié par ce sentiment de frustration que vous soulevez. Vous n'OSEZ pas parler et critiquer..Je pense que vous avez TORT de ne pas parler..Au contraire! Si vous n'aviez pas développé vos propos avec moi, jamais je n'aurai essayé de voir où était le problème! Je ne comprenais pas ddu tout où vous vouliez en venir… Le conseil que je pourrais vous donner c'est juste d'essayer de ne pas tout rejeter en masse mais de chercher des solutions pour palier à ces manques... Vous avez le droit de ne pas TOUT accepter mais je pense que pour faire avancer les choses il ne faut pas non plus TOUT critiquer sans JAMAIS rien proposer pour remédier à cela... En tout cas, la prochaine fois que vous aurez en face de vous un formateur " pas très crédible", parce pas assez formé et qui privilégiera le découpage aux apprentissages, faites lui part (sans agressivité ni sarcasmes), de vos réflexions très pertinentes. Cela lui fera sûrement prendre conscience des réelles faiblesses du CECRL et lui permettra de proposer des solutions pour y remédier lors de prochains stages... C'est vraiment pour toutes ces raisons là, que je fais partager ma lecture du CECRL à TOUS. Ca fait désormais 5 ans que j'anime des stages, et au début je maitrisais beaucoup moins bien que maintenant (Je n’avais pas reçu moi non plus de formation)! Moi aussi je suis tombée dans ces pièges mais personne ne l'a su car avant de montrer ce que je faisais avec le CECRL, j'ai beaucoup écouté les remarques et critiques que mes collègues me faisaient remonter. J’ai beaucoup appris des dérives que cela pouvait entraîner lorsque je le mettais en pratique dans mes classes. J’ai donc pu prendre du recul afin de l'adapter au mieux par rapport à ce qui me semblait le plus important ... Mon blog est mon terrain d'expérimentation. Je ne voulais pas du tout imposer ma vison du CECRL mais montrer ce que j'en faisais et ce que j'en avais compris afin d'échanger des idées, des solutions avec les collègues au lieu d'être seule à réfléchir dans mon coin. Hélas, certains collègues viennent sur mon site critiquer l'existence du CECRL sans jamais regarder ce que j'en fais en me traitant de "gourou du CECRL", passant à côté du pourquoi de son existence. (Cela ne vous vise aucunement car vous avez toujours été courtois et poli, je vous en remercie publiquement ici d'ailleurs:-)). D'autres viennent prendre tout ce que je dis ou montre comme argent comptant sans prendre du recul par rapport à ce que je propose...ni proposer leur propre vision des choses. Au final, je me retrouve au même point, toujours le nez dans le guidon sans autre vision que la mienne….alors qu’à la base, il s'agissait juste pour moi, d'échanger... Comme vous l’avez désormais compris je ne suis pas une prêtresse du CECRL.. J’essaie juste d'apporter des pistes pour résoudre les points que vous soulevés fort justement. Nos points de vue divergent sur la forme non sur le fond. Il me semble personnellement plus judicieux de montrer un contexte dans lequel les points de grammaire et lexique vont prendre toutes leur valeur et justification plutôt que de partir d'un point de grammaire et présenter ensuite des exemples en ayant une phrase seulement comme contexte à chaque fois que l'on veut justifier son emploi.
En fait, d’après ce que vous m’avez dit lorsque vous décriviez vos séances, je pense que vous faites de l'approche actionnelle sans même le savoir mais comme ça ne ressemble pas à ce qu'on vous en a dit de son application pour le collège, vous ne comprenez pas comment le mettre en place au lycée!
En effet, si vous vous servez d'un texte pour faire apprendre du lexique et aborder un point de grammaire, vous rentrez dans l'actionnel puisque vous avez un contexte (le thème du texte devient le thème de votre séquence). Si en plus vous cherchez des activités d'appropriation et de remédiation basées sur le même thème, vous y rester. Si pour le transfert, et donc l'évaluation, il vous trouvez une production orale et/ou écrite dans laquelle l'élève va devoir faire montre de ce qu'il a appris... là vous êtes en plein dedans….. N’êtes vous pas en train de vous dire MAIS JE FAIS CA DEJA!!!! Mais oui, bien sûr, le CECRL n'est pas une révolution, c'est une évolution de ce qui se faisait déjà parce que ca nous semblait plus cohérent ainsi... Seulement avant de comprendre cela, j'ai pris moi aussi beaucoup de temps!!!!Je trouve cette méthode très intéressante car elle permet un enrichissement lexicale ENORME. L'élève trouve ainsi dans les différents textes abordés des synonymes pour exprimer les mêmes idées sur un même sujet... D'où l'intérêt de contextualité... il se rend compte que l'on peut dire la même chose de manière différente et sera capable de les réinvestir plus facilement après car il aura eu les contextes généraux dans lesquels ces structures apparaissaient. Pour être vraiment actionnel, il faudrait juste annoncer la tâche finale c'est-à-dire la production attendue avant afin de donner aux élèves un raison de s’investir et de leur faire comprendre le pourquoi de cet apprentissage. Ca permet aux élèves moyens ou en difficulté de structurer leur apprentissage et donc de mieux fixer les acquis….
Au plaisir de vous relire
J'ai été validé par l'iufm avec la mention "Très satisfaisant", on vient de me contacter pour rédiger un manuel de lycée... bref, tout ça pour vous dire que j'ai passé et passe pas mal de temps sur ces questions, et j'ai appris à déployer la méthode communicative bien comme il faut...
MAIS, et c'est un gros mais, je trouve que tout cela n'a de sens qu'avec une certaine exigeance au niveau linguistique. Je sens cette dernière "en danger" dans nos classes, CECRL ou pas.
J'ai hélas l'impression qu'à partir du moment où la tâche "fonctionne" (=les élèves sont contents et impliqués), alors l'objectif semble atteint sous prétexte que "tout le monde est content".
Je n'ai rien contre les tâches finales qui permettent une bonne application de ce qui a été recemment appris. Elles sont la suite logique de la leçon. Mais vous êtes formatrice, et vous savez donc qu'on ne parle déjà plus de tâche finale mais de macrotâche. Qu'on apprend plus pour réaliser une tâche mais en réalisant une tâche. Que l'approche actionnelle et devenue "perspective" actionnelle....
Alors quoi ? Ce "concept" est-il fuyant au point de devoir sans cesse être renommé ?
Ce que je vois, ce sont des élèves qui, en début de seconde, arrivent complétement destructurés pour la majorité d'entre eux.
Je doute aussi de l'"évaluation positive". Vous lisez sans doute Claudine Martina, qui propose par un élégant tour de passe-passe de carrément supprimer les mauvaises notes parce qu'elles "traumatisent" l'élève.
Anyway.
Aujoud'hui on a fait une traduction linéaire et quasi-magistrale d'un extrait de David Lodge en TL. Anti-communicatif au possible, mais grosse concentration des élèves sur un texte qui, de toute façon, parle de lui-même.
Bref, tout cela nous amène dans biens des directions... qui feront donc l'objet d'une prochaine note !
Cordialement,
AD
Il sera très utile à ceux qui préparent l'épreuve de didactique du CAPES ou de l'agreg interne, de même qu'à ceux qui n'ont pas eu une formation IUFM très claire à ce sujet.
On n'y lit pas que la correction grammaticale est une chose importante, ni que l'élève se doit d'écrire et de parler le mieux possible.
La tâche finale proposée (celle sur le réglement de l'école) me gêne dans sa philosophie. Depuis quand l'élève doit-il émettre une opinion sur le réglement intérieur de l'école ? Désolé, je ne peux pas ne pas relever...
Vous insistez beaucoup sur le "concret", mais ce terme est assez vague. Pour moi, lire un texte et répondre à des questions, traduire, faire un exercice de grammaire, apprendre ses conjugaisons... c'est déjà très concret.
J'ai l'impression que par "concret", vous vous dire ce qui "parle" tout de suite à l'enfant.
On ne lit pas qu'apprendre une langue, c'est apprendre et répéter des contenus qui n'ont pas toujours une utilité directe mais qui seront utiles plus tard (ex: apprendre les participes passés irréguliers permettent de gagner du temps sur l'apprentissage du present perfect).
Quoi qu'il en soit, votre présentation a le mérite d'être claire et de limiter le jargon - bref, de bien expliquer l'approche préconisée aujourd'hui. Même si on n'est pas entièrement d'accord avec ladite approche - pardon, perspective.
http://www.languagelearningproblems.net/02.2_a_ccommom_euopean_fframework.htm
Voir aussi cette page du même auteur sur "grammar, bad and good", très pertinente aussi:
http://www.languagelearningproblems.net/04.3_grammar_bad_and_good.htm
je vois que "Cyrano" a perdu de son agressivité et n'est plus sur le ton de la provocation. Tant mieux ! On va enfin pouvoir discuter sur de meilleures bases! Cette discussion est très intéressante et le partage des points de vue est pour moi très enrichissant. Il a le mérite de faire prendre à chacun du recul par rapport à sa pratique et éventuellement se remettre en question. Vous m'accusez de ne pas répondre à vos questions. Ce n'est pas que je ne le veuille pas c'est juste qu'elles sont trop générales. Soyez plus précis et je vous répondrai volontiers.
Cordialement
Pour répondre à AD sur la résistance de l'hispanisme au pédagogisme. En effet, nous avons résisté longtemps du fait de la nature de la langue que nous enseignons, langue romane, grammaticale par excellence et du fait de l'importance accordée au fait culturel qui nous obligeait à transmettre des contenus solides. Tout cela nous a protégé longtemps en quelque sorte et nous devions supporter les moqueries de nos collègues anglicistes et germanistes qui critiquaient cette "langue de commentaire". Cet enseignement avait certes des défauts mais donnait des bases linguistiques solides pour qui acceptait de fournir des efforts. J'ai été formée ainsi et le résultat n'est pas si mauvais que cela. Mais les autres? les élèves d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes et patati et patata... J'entends souvent: un tel enseignement ne serait plus possible aujourd'hui, il est trop loin des préoccupations de nos élèves etc. Je crois, pour ma part, que nous avons beaucoup perdu en ne maintenant pas cette rigueur, cette "austérité" qui nous caractérisait. Les élèves, même les plus faibles, savaient que le cours d'espagnol était sérieux et qu'on allait y apprendre des choses. Maintenant, je constate que notre métier est très dévalorisé: qui n'a pas entendu, "vous en langues, c'est pas compliqué, vous leur balancez une chanson et c'est bon, vous êtes tranquilles. Tiens, toi Maria, tu leur mets un petit Manu Chao et c'est parti...". A force d'avoir voulu nous adapter à notre public, nous perdons en crédibilité. Il suffit de voir la hiérarchie des matières qu'opèrent les élèves eux-mêmes, les langues n'arrivent jamais en premier.
L'hispanisme est tombé dans le pédagogisme pour diverses raisons: d'abord, ce petit complexe d'être toujours en retard par rapport aux anglicistes, d'être toujours à la traîne... cela a transformé notre hiérarchie en "suiveuse" des modes, allez-voir le site de l'APLV où sévit l'hispaniste Christian Puren. Ensuite, parce que l'Espagne elle-même a sombré dans la dérive pédagogiste. Il suffit de regarder leurs sites professionnels, le CECRL n'y est jamais critiqué, le cadre va résoudre tous les problèmes. Nous subissons donc de plein fouet ce zèle du converti de la part de nos inspecteurs et ceux-ci sont très craints par l'ensemble des collègues. Pour ma part, je crains cette visite de titularisation où l'on va vérifier que tout est "conforme".
Les dérives d'un tel système pédagogiste sont visibles, notamment chez les jeunes collègues, totalement obsédés par la mise en oeuvre de leurs séances, ils en oublient l'essentiel. J'ai l'impression que eux et moi, nous ne faisons pas le même métier. Que d'heures perdues à chercher quelles compétences, quels items à valider, quelles activités langagières... à faire des tableaux dans tous les sens, de jolies présentations... Que de temps de perdu et quelle fatigue!
Entendu, d'une IPR d'anglais: "le CECRL, ça tombe bien, les profs de LV vont enfin travailler". Je crois que d'une certaine manière le pari est réussi. J'ai l'impression que plus les collègues se démènent, moins leurs élèves en font.
J'avoue ne pas parvenir à travailler ainsi, j'axe mon cours sur les contenus linguistiques et culturels à transmettre et à faire utiliser. Oserais-je dire que la mise en oeuvre se fait naturellement?
A bientôt.
"A force d'avoir voulu nous adapter à notre public, nous perdons en crédibilité."
Ou bien:
"Entendu, d'une IPR d'anglais: "le CECRL, ça tombe bien, les profs de LV vont enfin travailler". Je crois que d'une certaine manière le pari est réussi. J'ai l'impression que plus les collègues se démènent, moins leurs élèves en font."
D'abord, il y a toujours cette obsession chez les IPR et les pédagogistes en général que les profs doivent travailler plus, qu'ils n'en font pas assez. Avec cette équation donnée comme postulat: Plus de travail pour le prof = progrès pour l'élève.
Non seulement ce n'est pas prouvé, mais l'expérience me montre que c'est quasiment le contraire...
Mme Cadot, je ne pense pas avoir été agressif ou dans la provocation sur votre blog. Je n'ai pas pris de gants pour dire ce que je pensais, certes, et il faut parfois secouer les esprits pour faire passer le message. Vous vous attendiez à des remarques bien sages pour une discussion bien tranquille de votre travail, et vous avez été surprise par ma critique "de front" du CERCL et de de l'approche communicationnelle ou actionnelle que vous avez prise de plein fouet, et je comprends que ça ne vous ait pas plu. Mais le texte écrit ne rend pas toujours compte de ce que l'oral aurait été... J'aurais peut-être dû employer des smileys... Cela dit j'ai trouvé votre réponse à mes interventions souvent au niveau de l'attaque personnelle et du procès d'intention, et c'est dommage...
Qu'est-je dit qui vous a paru agressif? J'ai dit que le CECRL était grotesque et "stupide", par exemple, mais j'en suis venu à le penser vraiment. D'ailleurs, vous me dites sur cette page que mes questions étaient trop générales, alors que j'ai donné justement des exemples précis sur votre blog et vous n'y avez répondu qu'en me parlant de lunettes sales (comme quoi je devais les nettoyer au lieu de m'en plaindre). Ce n'est pas à moi de nettoyer ces lunettes sales appelées CECRL, Mme Cadot... On m'impose ces lunettes sales, et je dois les accepter et les nettoyer en plus?
Pardonnez-moi de me citer, mais voici ce que j'écrivais sur votre blog:
***
Prenons deux exemples: selon le CECRL, on est du même niveau si on "sait parler de sa famille en termes simples" (je résume et simplifie pour la démonstration, mais l'idée est là). Bon, j'ai à ma droite un élève qui dit "j'ai un frère et une soeur" et à ma gauche un autre qui dit "j'ai trois frères et je n'ai pas de soeur". Selon le CECRL ils sont du même niveau! Selon moi, non. L'un prouve qu'il sait dire "trois" et sait faire la forme négative, l'autre non. Peut-être qu'il sait le faire, mais il ne le montre pas. On voit donc qu'une évaluation basée sur le CECRL ne permet PAS d'évaluer correctement un élève. Et tous les "descripteurs" du CECRL sont à l'avenant. Je pourrais prendre d'autres cas du même genre: parler de ses activités quotidiennes, par exemple. L'un en fait et en dit cinq fois plus qu'un autre, mais ils sont tous les deux du même niveau, selon le CECRL!
Autre exemple, pourquoi certains descripteurs sont-ils d'un niveau plus élevé que d'autres (B1 au lieu de A2, par exemple). Selon le CECRL, effectuer une transaction à la banque ou à la poste est plus fort que de parler de soi et de sa famille. Ah bon? Complètement arbitraire! Moi avec un guide de conversation polonais, je me suis débrouillé dans une banque à Cracovie, mais je ne sais toujours pas dire "frère" ou "soeur" en polonais! Ridicule. Grotesque. Oui, disons-le: stupide. Le CECRL est complètement stupide.
******* fin de citation
Et le problème c'est que tout est comme ça...
J'engage tout le monde à lire: "Le Portfolio européen des langues et le Cadre européen commun de référence : entre normalisation institutionnelle et responsabilité individuelle
Pierre Frath
Université de Reims Champagne-Ardenne"
On trouve cette analyse sur le web (document Word).
C'est vraiment excellent, informatif, équilibré et ça pose les vrais problèmes.
Maria, je me retrouve pleinement dans votre analyse. Je ne pense pas que l'apprentissage de la concordance des temps en espagnol, si redoutable, puisse survivre à l'approche actionnelle.
Et toutes les "modes" des anglicistes, inspirées de la massification de l'enseignement aux Etats-Unis, ne sont en effet guère bonnes à suivre.